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Commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918

Cette année, à l’occasion du 11 novembre, nous commémorons le centenaire du Soldat inconnu

En septembre 1919, la chambre des députés français adopte l’idée de choisir le corps non identifié d’un soldat tué lors d’une bataille de la Première Guerre mondiale.
En tant que mort inconnu, il représente ainsi tous les morts du conflit.

Cette idée remonte au 26 novembre 1916 alors que la bataille de Verdun fait des milliers de morts. Elle est émise par Francis Simon, le président de la section rennaise du Souvenir militaire français, une association née en 1887, qui garde le souvenir des soldats morts pour la France.

Le choix du soldat inconnu a lieu le 10 novembre 1920 dans la citadelle souterraine de Verdun, l’une des batailles les plus symboliques de la Première Guerre mondiale.

Le soldat de 2e classe Auguste Thin, fils d’un mort pour la France, lui-même engagé volontaire en janvier 1918 et gazé, est choisi pour désigner le cercueil du soldat inconnu parmi huit cercueils. Pour cela, il reçoit un bouquet d’œillets blancs et rouges des mains d’André Maginot, le ministre des Pensions et ancien combattant.
Devant les huit cercueils, Auguste Thin s’arrête au niveau du sixième et explique son choix :

« J’appartiens au 6e corps d’armée et en additionnant les chiffres de mon régiment, le 132e d’infanterie, cela donne également le chiffre 6 ».

Le lendemain matin, le cercueil part pour Paris où il fait une entrée solennelle sous l’Arc de Triomphe. Il n’est toutefois mis en terre que le 28 janvier 1921.
La flamme éternelle qui brûle sous le monument parisien symbolise la permanence de ce devoir de mémoire. Elle est ravivée chaque jour à 18h30, et perpétue ainsi le souvenir de tous ces morts pour la France dont on n’a pu identifier la dépouille.

Suivez la cérémonie de commémoration en direct sur la page Facebook de la Ville

Conformément aux mesures sanitaires liés à l’épidémie de COVID-19, la commémoration se tiendra à huis clos.

Vous pourrez néanmoins la suivre en direct sur la page Facebook de la Ville, à 10h00.

 

Discours du Maire à l’occasion du 11 novembre 2020

Alors qu’il y a 100 ans jour pour jour, la dépouille du soldat inconnu était portée sous la voûte centrale de l’Arc de Triomphe, nous nous retrouvons pour commémorer l’armistice de la 1ère guerre mondiale.

Il y a plus de cent-deux ans, sur les champs de bataille de l’est de la France, le clairon sonnait le cessez le feu. Les cloches des églises à toute volée, propageaient de village en village la nouvelle tant attendue. La guerre est finie !

Dans les villes on chantait, on s’embrassait, on pavoisait et on défilait pour fêter la victoire. Qu’elle fut difficile cette dernière année de guerre. 5 grandes offensives allemandes, Paris sous les obus, et les grandes contre-offensives alliées avec des dizaines de milliers de morts qui s’ajoutent au million de familles meurtries.

La dernière bataille menée avec le soutien des forces américaines allait précipiter la fin de la guerre. Face à l’inexorable avancée des adversaires, l’absence de vivre, l’épidémie de grippe, l’agitation sociale, la déroute de ses alliés Ottamans et Austro-Hongrois, le Général en Chef des armées allemande Ludendorff demanda l’armistice. Il fut signé par les représentants de la nouvelle république allemande et le Maréchal Joffre le 11 novembre 1918 au matin et le cessez-le feu fut fixé le jour-même à 11H.

Le 11 novembre 1918 ne fut pas la fin de la guerre qui allait se poursuivre jusqu’en 1923 sur d’autres front avec, déjà à l’époque, des affrontements dans le Caucase et un conflit entre Grecques et Turques.

La démobilisation de l’ensemble de l’armée pris plusieurs années. Ce n’est d’ailleurs que le 28 juin 1919 que sera signé le Traité de paix de Versailles, une paix dont on sait qu’elle ne fut qu’un interlude entre deux guerres.

Il faudra de nombreuses années pour effacer les séquelles qui se lisent sur les visages des gueules cassées, les membres meurtris des invalides. N’oublions pas les corps usés de ces femmes qui ont cumulé, durant plus de 4 années et demi la vie des champs, l’usine et la vie familiale, n’oubliant pas le manque des orphelins, marqués à jamais.

Pour beaucoup, dans les villages, le cœur n’était pas à la liesse, mais plutôt au soulagement et au recueillement. Il s’agissait d’une sombre victoire baignée de sang, dans l’espoir d’une paix éternel. Un cauchemar de 4 années et demi.

« Les clairons sonnent ; c’est bien l’armistice. Notre réaction : nous pensons à nos camarades morts, à leurs familles, à tous ceux qui sont atteints par ces deuils, et nous n’éprouvons aucune joie. Nous avons toujours à l’esprit les camarades qui ne reviendront plus à leur pays » écrit Moïse Hébrard du 70e régiment d’infanterie.

Une mère de famille raconte « La journée d’aujourd’hui augmente nos regrets et exaspère nos désespoirs. Cette victoire, que la France meurtrie fête en ce moment, est l’œuvre de nos chers disparus, mais tous les lauriers, dont on couvre leurs tombes, sont impuissants à tempérer l’amertume de nos larmes ».

Il demeure des blessures éternelles, le Nord-est de la France a vu des villages disparaître, rayés de la carte – comme si l’humanité y avait périclité sous les obus, le gaz, le souffle terrifiant du lance-flamme et l’horreur des guerres de tranchée.

Car la guerre de 14-18 est aussi une Guerre de valeurs, un affrontement politique entre une jeune République et des régimes monarchiques.

Quelles leçons tirer de ce moment clé de notre histoire ?

La république doit savoir faire preuve de vitalité et de répondant lorsqu’elle est attaquée. Dans toute son histoire, les totalitarismes se sont toujours joués de nos faiblesses. N’oublions pas que le pacifisme béat des années 30 nous a conduit à la défaite honteuse, à la domination par une puissance étrangère, à la désunion du peuple français et à la mise sous tutelle par une idéologie de mort.

La Nation doit être unie autour d’un socle commun, clair et non cnégociable : la France est une et indivisible, elle ne reconnaît pas de communautés et seules la Loi de la République doit s’appliquer en France.

La république est laïque et respectueuse de toutes les confessions : dans les tranchées, il n’est pas questions de catholiques, de protestants, de juifs ou de musulmans, il n’est question que de porter fièrement l’étendard de la liberté.

Dans les tranchées, qu’importe le Spahis qui entonne la Chahada en montant au front, qu’importe le juif qui récite le Kaddish pour honorer les morts, qu’importe le « Notre Père » du Chrétien implorant son Dieu avant le combat, qu’importe le laïque qui regarde étourdis le comportement de ses compagnons d’armes. Tous se retrouveront sous l’étendard tricolore et chanteront ensemble la Marseillaise, tous seront prêts à mourir pour défendre la mère patrie face aux agresseurs.

Transiger avec nos valeurs serait oublier le sacrifice de nos ancêtres.

Il est plus que jamais nécessaire de toujours rechercher ce qui rassemble une Nation, car dans le monde, la guerre est toujours là, fauchant les vies, massacrant les espérances. Repoussons les enchainements mortifères en luttant contre les va-t-en-guerre. Défendons un patriotisme ouvert vers le progrès du savoir et la lutte contre les inégalités, seule voie possible contre la guerre.

Les enseignants jouent un rôle primordial dans la transmission de la Mémoire, nous tentons à notre échelle de rappeler, avec nos anciens combattants, qu’il n’y a de droits en France que grâce aux sacrifices passés.

En ces temps troublés, permettez-moi de profiter de ce 11 novembre pour honorer la Mémoire de Charles de Gaulle qui a lutté toute sa vie contre ce qu’il appelait « les causes internes et externes de destruction du Pays ».

En 14-18, il verse son sang à Douaumont

En 1940, il sauve l’honneur en refusant l’armistice

En 1944, il nous a conduit à la libération et à la victoire

En 1958, il nous a épargné la guerre civile. Il a donné à la France actuelle ses institutions, son indépendance vis-à-vis des grandes puissances, en définitive sa place dans le monde.

En écho avec la pandémie que nous traversons, je souhaiterais terminer sur ces quelques morts du Général:

« Soudain, le chant d’un oiseau, le soleil sur le feuillage ou les bourgeons d’un taillis me rappellent que la vie, depuis qu’elle parut sur la terre, livre un combat qu’elle n’a jamais perdu »

Jérôme MOROGE